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mercredi 17 juillet 2024

L'asclépiade de Syrie - Asclepias syriaca

 

 


 Fleurs d'une asclépiade photographiée à Guilherand Granges au bord du Rhône 

 

 
les gousses de graines, interprétées en peinture acrylique  



Cette plante est encore appelée herbe à la ouate ou herbe aux perruches.

"Depuis 2017, cette plante est inscrite dans la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union européenne. Cela signifie qu'elle ne peut pas être importée, cultivée, commercialisée, plantée, ou libérée intentionnellement dans la nature, et ce nulle part dans l’Union européenne" Wikipedia

 
Planche botanique Wikipedia



La ouate accrochée aux graines permet leur dispersion mais cette  fibre très légère qu’on désigne aussi sous le vocable de soie d’Amérique ou soie du Québec a aussi des propriétés isolantes très importantes , elle est donc actuellement utilisée pour fabriquer des accessoires de plein air (doublure de vêtements).
Extrait du texte pour la présentation de cette plante lors de l'exposition "Regards Croisés" organisée par la MJC de Guilherand Granges à la médiathèque de Guilherand, en mai 2024.

jeudi 8 février 2018

Les lichens et la teinture en violet

Mirmande - Drôme

Les lichens sont des organismes hybrides, en fait des champignons ayant opéré une symbiose avec la chlorophylle. Ils sont présents partout, comme ici sur un mur. Ils prennent aussi des formes variées. 
Depuis des temps très anciens ils sont utilisés en teinture car certains lichens contiennent un pigment violet : l'orseille, d'où leur surnom de lichens à orseille, ou orseilles tout court. 

Roccella fuciformis, l'un des lichens les plus utilisés pour la production de l'orseille. Wikipedia

L'utilisation des lichens a même été "industrialisée" à partir du XIVe siècle et jusqu'au XIXe, car il constituait une activité lucrative. Le violet est un pigment rare à l'état naturel, la plupart des mauves et des violets proviennent d'autres pigments qui ont viré chimiquement (violet de manganèse, de cobalt, d'outremer). D'autres pigments sont utilisés en peinture (Le magenta/violet de quinacridon, etc), ou pour fabriquer l'encre violette, celle des écoliers d'autrefois : l'aniline. 
En teinture on obtenait aussi du violet par mélange entre des bleus et du magenta, ou du pourpre.  Le carmin de la cochenille donnait aussi un violet par trempage dans une lessive très chaude. La myrtille fut utilisée aussi, et donnait un mauve.
L'orseille est un colorant naturel, référencé sous le code E121, interdit dans l'industrie alimentaire de puis 1977. (http://www.cnrtl.fr/definition/orseille).

dimanche 2 juillet 2017

Aster d'été - Erigeron annuus- Sweet-scabious

L'erigeron anuus, cousin de la vergerette du Canada, est une plante herbacée annuelle, de la famille des Astéracées, originaire d'Amérique du Nord et considérée comme une invasive en Europe.

En teinture les sommités fleuries, cueillies tout l'été, contiennent les principes tinctoriaux, des flavones, et les parties feuillues du tanin et de l'acide gallique qui agissent comme mordants naturels. Il est toutefois conseillé un mordançage à l'alun et au tartre. On obtient un jaune jonquille solide.

Les vergerettes furent les « premiers « simples » indigènes d'Amérique du Nord, utilisés par les colons européens, les Français au Canada, et les Anglais des futurs Etats Unis. Elles y sont toujours en usage pour leur propriétés diurétiques et astringentes. Leurs vertus tinctoriales étaient au moins aussi importantes que leurs utilisations médicinales. » (1)

été 2016 au bord d'un chemin de l'Ardèche
 
L'été dernier j'ai pu voir des asters absolument partout, mais comme il s'agit d'une plante discrète, elle passe un peu inaperçu, et même, comme plutôt décorative. Mais elle reste une invasive dont les graines peuvent survivre dans le sol pendant cinq ans, et leurs aigrettes leur permettent de se déplacer sur plusieurs kilomètres. Il est conseillé d'éviter toute nouvelle plantation, de contrôler les zones nues et d'arracher immédiatement toutes les nouvelles plantes. Enfin il faut faucher la vergerette avant la maturation des graines et éliminer les déchets correctement. (2)

Elle illustre le mois de juillet de mon calendrier 2017 :



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1) Guide des teintures naturelles - plantes - lichens - champignons - mollusques et insectes - Dominique Cardon et Gaëtan du Chatenet - Editions Delachaux et Niestlé. 



jeudi 1 juin 2017

Calendrier 2017 autour du jaune : 06 - le genêt des teinturiers

Le genêt des teinturiers - Genista tinctoria- est un arbuste de la famille des Fabaceae, plus petit que le genêt à balais, qui appartient, lui, au groupe des cytises. Sans épines, ses feuilles sont simples. Il fleurit d'avril à septembre et les fruits sont des gousses qui deviennent brunes.  Il se trouve à l'état sauvage dans presque toute l'Europe, sauf l’extrême nord et quelques îles. Il est possible de le cultiver. 
On peut confire les boutons floraux dans le vinaigre, comme des câpres. 

En teinture on utilise les fleurs fraîches, cueillies au printemps, jusqu'au tout début de l'été. Elles contiennent deux pigments, le génistroside et un dérivé du lutéanol, le génistrol, présent aussi dans la gaude. C'est d'ailleurs, avec cette dernière, l'une des teintures les plus utilisées pour le jaune. 
Le genêt, ou génestrolle, herbe à jaunir, est surtout une bonne teinture pour la laine. Selon la quantité de fleurs, le mordançage, on obtient des jaunes plus ou moins intenses. Avec adjonction de sulfate de cuivre on obtient un vert olive. Les Anglais, grands utilisateurs du genista tincoria, l'appellent l'herbe à verdir, et ils ont donné le nom de "vert de Kendal", du nom d'une petite ville du nord-ouest, à la teinte obtenue par association avec le pastel.  Les verts de la tapisserie de Bayeux sont probablement dus à cette association.

mercredi 1 février 2017

Calendrier 2017 autour du jaune - 2 - L'épine vinette




 
Du nom de la plante :
« Berberis » viendrait du nom arabe du fruit de la plante qui signifierait coquille : les pétales creux sont en forme de coquille. « Vinette » est le nom vulgaire de l'oseille dont les feuilles rappellent le goût. Selon Wikipedia 
Quant à « épine » ce nom lui vient de ses épines qui en font un arbuste « défensif » utilisé dans les haies, où il est en plus décoratif. Par contre, il a été éradiqué à proximité des cultures céréalières car il propagerait la rouille du blé. 
Arbuste de 1,50 à 2 mètres qui fleurit en mai-juin et se couvre en septembre de baies rouge vif. La plante, sauf les fruits, contient des alcaloïdes qui peuvent provoquer des intolérances. Les baies, arrivées à maturité, sont riches en vitamine C et peuvent être utilisées pour préparer des gelées, des confitures ou des boissons. Elles parfument aussi, avec leur saveur aigre-douce, les plats salés et se marient au safran.
 
Confiture d'épine vinette :   
sur : joanno.e-monsite.com

  • 250 gr d’épine vinette fraîche
  • 2 pommes 
  • 320 gr de sucre cristal 
  • 1 verre d’eau

Préparation :
Mettez les fruits entiers dans une bassine à confiture avec l’eau. Faites chauffer, jusqu’à éclatement des fruits, passez-les au moulin à légumes, grille fine. Tamisez au chinois la purée et le jus, afin d’éliminer les petits grains. Pesez la purée filtrée et ajoutez l’équivalent du poids en sucre plus 1/4 Ajoutez les pommes coupées en quartiers et laissez cuire environ 1 h, en écumant régulièrement. Retirez les quartiers de pommes, et mettez en pots.

Les baies ont aussi des vertus toniques, elles sont un stimulant gastrique et dont excellentes pour la digestion :
Infusion digestive : mélanger une ou deux baies d'épine vinette, une pincée de graines d'anis vert et un ou deux étoiles de badiane.
Diurétiques, hypotensives , elles agissent aussi contre la fièvre. Il est déconseillé d'en consommer durant la grossesse et l’allaitement, l'usage des autres parties de la plante est aussi déconseillé en raison de la berbérine, toxique à forte dose.
Son bois est utilisé en marqueterie. 

 
Cette même berbérine constitue le principe tinctorial de la plante. On utilise l'écorce de la racine, mais aussi le reste de la plante, y compris les baies et les feuilles. Elle donne un beau jaune vif solide au lavage, mais qui peut virer au jaune brun à la lumière. Les mordants servent à nuancer la couleur de base. La teinture se fait par trempage dans une décoction de la plante hachée, sans bouillir, jusqu'à obtention de la teinte voulue.
La plante est utilisée partout dans le monde, en Asie et en Amérique on connaît d'autres variétés de berbéris. L'un des grands centres est le bassin méditerranéen, particulièrement l'Anatolie où elle colore les tapis. Elle a servi aussi pour teindre les tentes turques pendant la première guerre mondiale. 

Source : Guide des teintures naturelles - plantes - lichens - champignons - mollusques et insectes - Dominique Cardon et Gaëtan du Chatenet - Editions Delachaux et Niestlé. 

lundi 2 janvier 2017

Calendrier 2017 autour du jaune - 1, les graines d'Avignon



Pour illustrer mon calendrier 2017 j'ai choisi quelques unes des plantes qui donnent des teintures jaunes. Depuis l'aube de l'humanité, les plantes ont coloré en jaune tissus et peintures, aux côtés d'autres pigments naturels, substituts de l'or au Moyen-age, comme l'orpiment. Toutes les plantes peuvent colorer en jaune, mais avec plus ou moins de tenue dans le temps et à la lumière. Elles sont nombreuses et il n'a pas été facile de choisir, j'ai privilégié des plantes que l'on trouve dans nos campagnes, au bord des chemins, des rivières, dans nos montagnes.

J'ai déjà parlé de la gaude, celle que la France a préféré par le passé.
calendrier version A4

Pour illustrer le mois de janvier j'ai choisi les Graines d'Avignon, qui doivent leur nom au fait que le petit nerprun purgatif était cultivé dans la région, mais aussi parce que,  dans l'état pontifical d'Avignon, les juifs furent astreints au port d'une rouelle ou d'un chapeau teint en jaune avec les graines d'Avignon, plus rarement avec la gaude ou la verge d'or et ce jusqu'à la Révolution.

Graines d'Avignon, graines de Perse, d'Espagne, d'Italie, du Levant, de Hongrie, de Morée, tous ces noms désignent les fruits verts, séchés, de différentes espèces de nerpruns - arbustes de la famille des Rhamnaceae, très utilisés jusqu'au début du XXe siècle comme colorants textiles et alimentaires,  connus sous le nom de stil de grain   Les nerpruns donnent aussi la couleur « vert de vessie ».
Ces graines ont fait l'objet d'un négoce fructueux. Elles teignent la soie en jaune et jaune-orange et le coton en vert olive. La couleur a tendance à roussir et un mordançage à l'étain est recommandé. Le jaune de la laine n'est pas très stable et on a préféré le quercitron ou le bois jaune aux prix de revient moindres.

 
On compte une centaine d'arbustes dans le genre « nerpruns » dont :

  • nerprun des rochers – Rhamnus saxatilis- illustration ci-dessus
  • nerprun des teinturiers – Rhamnus tinctorius
  • nerprun fétide – Rhamnus infectorius
  • nerprun faux olivier - Rhamnus lycioides 

nerprun faux olivier - Rhamnus lycioides


  • nerprun purgatif - Rhamnus cathartica
  • petit nerprun purgatif, Rhamnus catharticus minor - graine d'Avignon
  • Bourdaine - Rhamnus frangula
  • nerprun des Alpes - Rhamnus alpina
  • nerprun du levant à feuilles d'alaterne - Rhamnus alaternus
  • nerprun nain - Rhamnus pumila
etc...

Ces graines sont aussi fort appréciées des oiseaux. La plupart des nerpruns, et pas seulement le Rhamnus cathartica ont été utilisés comme purgatifs, les graines, mais aussi l'écorce. Leur toxicité a fait abandonner cet usage. 
"Graine d'Avignon, (Bot.) baie d'une espece de rhamnus ou de nerprun, que les Botanistes nomment lycium gallicum, ou rhamnus catharticus minor. Il croît dans les lieux rudes & pierreux, entre les rochers, aux environs d'Avignon & dans le comtat Venaissin. On en trouve aussi en Dauphiné, en Languedoc & en Provence. Cette espece de nerprun est un arbrisseau épineux, dont les racines sont jaunes & ligneuses; il pousse des rameaux longs de deux ou trois piés, couverts d'une écorce grisâtre, garnis de petites feuilles épaisses, ressemblantes à celles du buis, nerveuses, faciles à se détacher. Ses fleurs sont petites, monopétales, jointes plusieurs ensemble; il leur succede des baies grosses comme des grains de poivre à trois ou quatre angles, & quelquefois faites en petits cœurs, de couleur verd jaunâtre, d'un goût stiptique & fort amer.

Voilà les baies qu'on nomme graine d'Avignon, grainette, graine jaune. On nous l'envoye seche; on la desire grosse, récente & bien nourrie. Les Teinturiers, & sur - tout les Corroyeurs, s'en servent pour teindre en jaune, en y joignant de l'alun par parties égales. Voyez Jaune & Corroyer. (D. J.) »
 

mercredi 2 novembre 2016

La saponaire - Saponaria officinalis - White cockle

Plante vivace de 30 à 60 cms, et jusqu'à 1,50 mètre, elle doit être soutenue par des voisines.. Semer à l'automne avec germination au printemps, elle disparaît en hiver pour revenir au printemps. Elle fleurit de juillet à septembre

 
"Saponière", savonnière, savonnaire", 
ses noms populaires lui viennent de la saponine qu'elle contient et qui fait son intérêt  et son pouvoir moussant. Connue depuis longtemps comme plante à lessive, on utilisait les feuilles et les racines bouillies pour débarrasser la laine de son suif.

 
Shampoing à la la saponaire
Jetez  une poignée de saponaire dans une décoction chaude de tilleul et lavez délicatement vos cheveux. Rincez abondamment. Ajoutez quelques gouttes de vinaigre dans la dernière eau de rinçage et vos cheveux seront plus brillants.

Toxique à cause de la saponine, son goût la rend immangeable. On l'utilisait malgré tout comme dépuratif et pour soigner de nombreuses maladies de peau. 

Elle illustre le mois de novembre de mon calendrier 2016

vendredi 5 août 2016

Les chardons cardère



Photographiés dans le village de Cornillon - Drôme sud - j'en ai vu plusieurs fois. Ils sont devenus rares.  Voir l'article ICI

lundi 11 juillet 2016

Bois de sappan ou plutôt baguenaudier arborescent


Arboretum du jardin de l'Epervière. 
Je l'ai photographié le 25 juin lors de ma visite pour découvrir les nouvelles installations, et je l'ai identifié grâce à l'ouvrage que j'ai emprunté à la médiathèque de Guilherand sur les plantes tinctoriales, pour mes recherche sur mon prochain calendrier. 
Guide des teintures naturelles - plantes - lichens - champignons - mollusques et insectes - Dominique Cardon et Gaëtan du Chatenet - Editions Delachaux et Niestlé. 
Malheusement je crains qu'il n'y ait erreur d'identification, ici il s'agit d'un Baguenaudier arborescent ou Arbre à vessies -
Colutea arborescens
"arbrisseau de la famille des Fabacées (ou Légumineuses) qui se caractérise par ses fruits nommés "baguenaudes", gousses brun rougeâtre qui enflent à maturité et deviennent translucides. D'où le nom populaire d'Arbre à vessies qui lui est parfois donné." Wikipedia


Bois de sappan - Caesalpinia sappan

Arbuste de la famille des leguminosae - originaire d'Asie du sud-est. Son bois est utilisé en teinture pour obtenir un rouge foncé. Importé en Europe depuis le Moyen Age sous le nom de brazil à cause de sa couleur rouge.
 


Il s'agit d'un arbre et lorsqu'on regarde les feuilles, il n'y a aucun doute, j'ai bien été trop rapide dans l'identification de cet arbuste. Merci au groupe "Plantes sauvages comestibles et médicinales" sur Facebook

jeudi 2 juin 2016

le houblon - Humulus lupulus – Wild Hop

Connue pour parfumer la bière, cette liane est aussi réputée pour favoriser le sommeil et lutter contre la mélancolie. Ses jeunes pousses sont délicieuses en salade ou en omelette. 

Il illustre le mois de juin de mon calendrier 2016

 
Plante de soleil – mi-ombre – Fleurs en juillet/août
Cette Liane baladeuse, qui peut atteindre 6 mètres, a des pieds mâles et des pieds femelles, voisine du chanvre et de l'ortie, elle est urticante comme elle. Le houblon se sème au printemps et les cônes femelles se récoltent à la fin de l'été. Il est recommandé de ne pas placer des plants cultivés à côté de pieds sauvages.

Les fleurs femelles, cônes, sont ajoutées à la bière en fermentation depuis le XIIe siècle, grâce à Hildegarde de Bingen qui en découvrit les vertus aseptisantes et conservatrices .


Lupuli flos Wikipedia

 
Tonique amer, il redonne l’appétit et réduit l'acidité de l'estomac. Le houblon est surtout un rééquilibrant nerveux, il apporte une énergie fluide, sereine, Hildegarde de Bingen le recommandait aussi pour lutter contre la mélancolie. On en mettait dans les oreillers pour favoriser le sommeil. 

L'importance économique du houblon a laissé son empreinte dans de nombreux noms de lieux.


mardi 26 janvier 2016

Le jaune une couleur facile - : la gaude

En teinture, le jaune est sans doute la couleur la plus facile. Toutes les plantes, diluées, donnent une teinte jaune, plus ou moins vive, le plus souvent pâle et fade. Le réséda des teinturiers, lui, permet d'obtenir un jaune éclatant. 

 Laines teintées à la gaude - Tissages de Micky

Le jaune est obtenu avec d'autres plantes, le safran, l'épine-vinette, le genêt, le curcuma etc.  Voir ICI, l'article sur les pigments végétaux au Moyen-Age.   La gaude est l'un des colorants les plus anciens, les hommes préhistoriques ont sans doute utilisé la plante sauvage. C'est en effet une espèce spontanée dans tout le pourtour méditerranéen, et qui  a été  cultivée très tôt. . Elle s'est implantée dans d'autres régions, mais aujourd'hui elle est devenue rare. Des graines ont été retrouvées dans des cités lacustres en Suisse, datant des premiers temps de l'agriculture (*)


Le réséda des teinturiers, Reseda luteola, est une plante herbacée, bisannuelle dont la tige dressée porte des feuilles placées régulièrement, photo de gauche, et des  fleurs groupées en épis, photo de droite.  Appelé aussi grand réséda, herbe à jaunir, herbe des juifs (au Moyen-âge dans le Comtat Venaissin, les juifs devaient porter du jaune en signe distinctif) - et enfin gaude. 






La gaude permet d'obtenir un jaune intense et solide, toute la plante est utilisée. La couleur est fixée à l'alun :
Comme toutes les plantes tinctoriales, la gaude a fait connaître un âge d'or aux régions qui la cultivaient, au point de leur consacrer les meilleures terres, et de grandes surfaces. En France on a aussi importé de la gaude, jusqu'au début du XIXe siècle où la tendance s'inverse.  L'arrivée de plantes exotiques n'a pas concurrencé la culture des plantes traditionnelles, usages, réseaux économiques... résisteront. Il faudra la découverte des pigments artificiels pour sonner le glas des cultures tinctoriales.

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En plus des sites internet déjà mentionnés dans l'article, la principale source de celui-ci est :
(*) Le grand Livre des Ressources végétales - Bernard Bertrand - Éditions Plumes de Carotte - Voir article ICI



jeudi 14 janvier 2016

Les plantes qui peuvent aider à nous passer de pétrole

Bernard Bertrand propose un ouvrage
 "Le grand Livre des Ressources végétales"
pour nous rappeler les plantes qui jusqu'à il y a plus de 70 ans, c'est peu, nous permettaient de nous chauffer, nous déplacer, nous vêtir... Bref, les plantes qui accompagnaient tous les jours de notre vie.




J'ai découvert cette maison d'édition qui s'est fixé comme objectif de nous apprendre à ré-écouter la nature, grâce à l'Herbier oublié, devenu depuis l'un de mes livres de chevet et m'a insufflé la passion des plantes, alors que jusqu'alors je ne faisais que m'y intéresser. 

Dans le livre dont il est question ici, Bernard Bertrand, dans l'esprit des publications de Plumes de Carotte,  donne un éclairage neuf, à la fois didactique et esthétique, sur les plantes "utiles". Il est bien entendu beaucoup question de bois, mais pas seulement. Au delà des plantes de l'univers textile, des objets en bois, de la vannerie,  bref des domaines que nous croyons connaître, il y a de belles découvertes sur des usages que nous avons vraiment oubliés. 
Et comme toujours, dans les ouvrages de Plumes de Carotte, il y a le plaisir des belles pages à feuilleter.

Existe en "poche" sous le titre "Vivre sans pétrole"

jeudi 1 octobre 2015

La bruyère callune

La bruyère illustrait le mois d'octobre de mon calendrier 2014.


La bruyère commune (calluna vulgaris - famille des Ericaceae) se distingue de la bruyère vraie, erica, par la forme des feuilles en forme de petites écailles et des fleurs en corolle.
La callune est une plante médicinale, diurétique, antiseptique urogénital, sternutatoire, dépuratif et sédative de l'appareil urinaire.
La plante est utilisée dans des décoctions alcoolisées, en cataplasme ou en bain (plonger dans l'eau 600gr de rameaux fleuris) pour soigner les rhumatismes. Les compresses bouillantes sont utilisées pour soigner les engelures.
Elle a servi d'ersatz de thé ou de houblon dans la fabrication de la bière, (recette de la Heather Ale, bière traditionnelle écossaise).
Elle donne un miel brun récolté à l'automne, qui cristallise vite et entre dans la composition du pain d'épice traditionnel.


Autres utilisations : son nom vient du grec kallynô – nettoyer – car elle servait à fabriquer des balais. En décoction elle a été utilisée comme colorant pour obtenir des tons de jaune, brun ou noir.
En se décomposant elle devient la « terre de bruyère » des fleuristes. 
Attention :
En Irlande une étude menée après la catastrophe de Tchernobyl a prouvé que la callune était capable de concentrer les radionucléides et de les transférer à la chaine alimentaire.

Infusion : verser de l'eau bouillante sur 1 cuillère à café de fleurs séchées entières et laisser infuser pendant 10-15 minutes, avant de filtrer. - La consommation est répartie en 2 à 3 prises dans la journée.
Huile à la bruyère
Faire macérer pendant 15 jours 100gr de sommités fleuries dans 25gr d'huile d'olive.

Utiliser sur la peau pour faire disparaître certaines taches et calmer les dermatoses.

Crumble de pèches au miel de bruyère

100 g de farine

100 g de sucre

100 g de beurre froid

6 pêches blanches bien mûres

6 cuillères à café de miel de bruyère

Mixer par à coups la farine, le sucre et le beurre pour obtenir un sablé qui sera la pâte du dessus. Peler les pêches et les couper en gros morceaux. Répartir au fond d’un plat ou dans des petits ramequins individuels.

Verser dessus le miel un peu liquide

Parsemer de pâte à crumble et enfourner pour 20 mn de cuisson à 180-200°C, jusqu’à ce que la pâte du dessus soit un peu rousse.

dimanche 24 mai 2015

"Une Histoire de fleurs" une conférence de Valérie Chansigaud

Valérie Chansigaud, historienne des sciences et de la nature, chercheuse au CNRS de Paris a donné une conférence le 21 mai 2015 à la Médiathèque Rhône Crussol de Guilherand-Granges.  
Se détournant d'une simple histoire chronologique, elle a voulu nous parler de la place des fleurs, et par là même des jardins d'ornement, dans nos cultures. Car d’emblée il a été question de la place des fleurs dans nos civilisations, tant dans l'histoire que géographiquement. Il est bien évident que nous n'accordons pas tous, selon les époques et les latitudes la même place à la fleur ornementale, de sa quasi inexistence - dans les grottes préhistoriques ornées, chez les Amérindiens - à  la surabondance de fleurs - Océanie, Inde... 
 
Le jardin blanc - parc du château Lauris
Chez nous, sautant le Moyen-Age et sa symbolique, Valérie Chansigaud a situé le départ de notre amour pour les jardins d'ornement à la Renaissance.  Mais notre amour du jardin et des fleurs nous coûtera peut être l'avenir de ces cultures. L'industrialisation, l'universalisation et les échanges, les modifications apportées aux fleurs, les prélèvements abusifs, etc, tout cela menace l'avenir de nos jardins. 
Parmi les dangers, le développement d'espèces invasives,  et cela ne vaut pas que pour les plantes. Par intérêt pour la diversité, la nouveauté, voire pour lutter contre des  prédateurs, nous introduisons des espèces exotiques qui, ne rencontrant pas d'obstacles naturels, prennent parfois le pas sur les espèces locales. 
Par exemple, le buddléia,

fleurs de buddléia - mon ex-jardin de Carpentras
 A postériori j'ai honte à présent d'avoir planté un buddléia dans mon ex-jardin de Carpentras, et ce à côté d'une herbe de la Pampa, que par contre je n'avais pas plantée, et qui fait partie aussi de ces invasives.  
Parmi ces invasives, c'est le lantana camara que Valérie Chansigaud a désigné comme la "super star", une plante que rien ne semble contrarier lorsqu'elle s'est installée, parlez en aux Australiens, aux Indiens, à l'Afrique du Sud, par exemple. Là aussi j'ai eu un peu honte, mais je suis soulagée aussi, moi qui n'ai jamais pu conserver un lantana, peut-être n'était-ce pas la même variété. 
Autre exemple, l'ambrosia artemisiifolia, l'ambroisie à feuilles d'armoise, bien connue dans notre région pour être allergène en plus d'être envahissante.


L'avenir n'est pas souriant pour nos jardins, mais si ce n'était que cela, il n'est pas rose pour toutes nos plantes, pas seulement les décoratives. 

 Retrouver Valérie Chansigaud :




  "Une Histoire de fleurs, entre nature et culture"
 12 questions en 12 chapitres
qui interrogent les multiples liens culturels qui nous unissent
au monde des fleurs.240 pages
ISBN : 978-2-603-02082-1